15 techniques indispensables pour survivre en VTT de montagne

Conseils Pilotage 13 minutes
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Quand on fait du vélo de montagne, on ride sur un terrain non préparé, non shapé, avec beaucoup d'imprévus, où la lecture joue un rôle prépondérant. Au final, il est nécessaire de connaitre assez peu de mouvements techniques, mais ils sont primordiaux si vous ne voulez pas être obligé de mettre pied à terre tous les dix mètres.

Pour la suite:

  • les critères de difficulté et d'utilité sont cotés sur 10.
  • les vidéos illustrent chaque mouvement et sont calées sur l'horodatage exact du moment ou le mouvement est réalisé

Freeze

Mouvement le plus simple (ou absence de mouvement pour être exact) consistant à immobiliser son vélo et à rester statique quelques secondes, sans mettre le pied à terre.

Difficulté : 2

Utilité : 6

Objectif :

  • Analyser le terrain tout en restant sur le bike alors qu'on n'a pas réussi à le faire ou qu'on aborde une section qui était cachée
  • Replacer correctement son équilibre

Comment : Rester souple sur ses appuis, calme, continuer de respirer posément. On peut éventuellement sortir une jambe pour corriger un déséquilibre trop important. A noter qu'un freeze peut également se faire en sautillant sur place pour légèrement replacer le bike.

Attention à : ce mouvement n'implique pas de grand risque…

Nose turn

Ce mouvement est l'un des plus utiles en vélo de montagne. Il consiste à prendre appui sur la roue avant, décoller la roue arrière, rotationner le cadre et replacer la roue arrière sur un axe différent. Cela peut se faire en statique ou en dynamique (ce qui peut être très esthétique). Un nose turn peut également être découpé en plusieurs petits mouvements, pour une fiabilité accru (mais au détriment de l'esthétisme).

Difficulté : 6

Utilité : 9

Objectif :

  • Passer des épingles serrées
  • Changer l'axe du vélo en pente raide
  • Faire passer la roue arrière au-dessus d'un obstacle
  • Replacer dynamiquement le vélo

Comment : En dosant le frein avant, basculer le poids sur l'avant du bike et fléchir les jambes jusqu'à faire décoller l'arrière. Imprimer un mouvement de rotation avec les pieds, puis laisser la roue arrière redescendre de façon contrôlée en dosant le frein et en reculant le centre de gravité. Tout du long du mouvement, il faut orienter le regard dans la direction où l'on veut se placer.

Attention à : La roue arrière qui bute dans un obstacle pendant la rotation, ce qui vous fait perdre l'équilibre du côté expo.

Front replacement

Il s'agit de repositionner la roue avant en tirant le guidon. C'est un peu l'inverse d'un nose turn. Ce mouvement est souvent utile pour "sauver" une mauvaise position.

Difficulté : 4

Utilité : 6

Objectif :

  • Corriger un placement hasardeux du bike
  • Franchir un obstacle qui vient de coincer l'avant
  • Passer un virage très serré en combinant avec un nose turn

Comment : Basculer le poids sur l'arrière une fraction de seconde, de telle sorte à tirer le guidon, lever l'avant et à replacer la roue. Attention, il ne s'agit pas du tout d'un manual. Le but n'est pas de prendre appui sur l'arrière mais juste d'avoir le temps suffisant de décollage de l'avant pour la replacer.

Attention à : La perte d'équilibre du côté exposé.

Bunny Up

Ce mouvement est l'un des plus connus, mais paradoxalement les cas de figures où il est réellement nécessaire sont assez rare. Il consiste à faire sauter le bike par-dessus un obstacle. Et attention, c'est "bunny up", pas "bunny hop", comme on le lit trop souvent (mais ce qui fait toujours beaucoup rire).

Difficulté : 7

Utilité : 4

Objectif :

  • Franchir un obstacle en hauteur (tronc d'arbre le plus souvent, mais aussi rocher…)
  • Franchir un obstacle en creux (trou, ravine)
  • En gravity le bunny up a néanmoins d'autres utilités, par ex pour passer d'un virage relevé à l'autre

Comment : Démarrer par un manual, c’est-à-dire se projeter vers l'arrière bras tendus et faire décoller la roue avant. Puis donner une impulsion sur les jambes puis les épaules, en gardant le buste droit, ce qui fait décoller le vélo. Atterrir à plat, au centre du vélo.

Attention à : La casse du boitier de pédalier sur le tronc si l'on rate !

Enroulement de marche

Des marches, il y en a partout en montagne, que ce soit sur ou hors des singles. La technique la plus sûre consiste normalement à les enrouler. Ainsi, on garde le contrôle du bike à tout instant et surtout, on ne prend pas de vitesse dans la manœuvre et dès la marche passée, on est prêt pour le nouvel obstacle.

Difficulté : 2

Utilité : 10

Objectif :

  • Passer une marche jusqu'à 70 cm sans décoller le vélo.

Comment : Décaler son centre de gravité sur l'arrière et… laisser faire ! Pour le coup, c'est le vélo, sa géométrie et ses suspensions qui feront le job. Le travail est essentiellement psychologique, car laisser plonger son bike sur une haute marche, c'est vite impressionnant.

Attention :

  • A l'évaluation correcte de la hauteur de la marche avant de la franchir. Si elle s'avère trop haute, c'est l'OTB garanti ! En cas de doute, s'arrêter et placer le bike manuellement roue arrière sur la marche, roue avant au point bas.
  • A ne surtout pas faire un refus, c’est-à-dire donner un coup de frein en haut de la marche… OTB++ garanti !

Saut de marche

Quand les marches ou les rochers dépassent 70 cm de hauteur, il n'est plus possible de les enrouler. Il faut les sauter. Mais en montagne, cela n'est pas possible en toutes circonstances, car il faut que le terrain soit suffisamment dégagé et propre derrière.

Difficulté : 4

Utilité : 3

Objectif :

  • Passer une marche de plus de 70 cm.

Comment : Rester souple, centre de gravité centré à l'approche de la marche. Au moment où la roue avant passe dans le vide, tirer légèrement le guidon. Pour garder un meilleur contrôle et prendre le moins de vitesse possible, il peut être conseillé de laisser légèrement plonger le bike. La réception doit se faire souplement.

Attention :

  • A avoir suffisamment de distance de dégagement derrière. Même sur une petite marche, il est étonnant de voir le gain de vitesse apporté par un bref passage dans les airs.
  • Comme pour n'importe quelle marche, une fois qu'on a décidé d'y aller, il FAUT y aller. Il n'y a rien de pire que freiner en haut de la marche, surtout si le vélo n'a aucune chance de passer en plongeant.

Descente de dalle

En montagne, de grosses dalles sont souvent présentes nécessitant une attention particulière. En effet, la chute sur ce genre de relief est en général fortement déconseillée.

Difficulté : 2

Utilité : 3

Objectif :

  • Garder le contrôle sur une déclivité forte et lisse

Comment : Orienter le bike droit dans la pente, répartir le poids sur l'avant ET sur l'arrière, sans jamais perdre l'adhérence et en évitant autant que possible les appuis en travers. Le but est de rester en contrôle permanent et de ne pas prendre de vitesse, sauf si le dégagement se fait sans obstacle. Sur une dalle très raide, il est nécessaire de basculer complètement derrière la selle, les fesses pratiquement sur la roue.

Attention :

  • A la dalle humide et glissante, il n'y a rien de plus casse-gueule.
  • Aux petites marches qui peuvent se dissimuler sur des dalles en apparence lisses et faire passer le VTT au-delà du point de basculement.

Descente de pierrier

Les pierriers ne se rencontrent que dans des tracés freeride. Il s'agit de pentes où les rochers sont libres, de tailles et formes variables, et roulent les uns sur les autres. Les rochers font au moins une dizaine de centimètres en moyenne, sinon on ne parle pas de pierriers mais de gravières.

Difficulté : de 4 à 10 (varie énormément selon la taille et la forme des pierres)

Utilité : 5

Objectif :

  • Garder le contrôle sur une déclivité forte constituée de rochers libres qui roulent

Comment : Orienter le vélo droit dans la pente, mettre tout le poids sur l'arrière, bloquer les freins et utiliser cette roue bloquée comme "ancre" en laissant la gravité faire le reste. Dans le cas de pentes trop fortes, on peut gérer la prise vitesse en la dosant par de petits virages. S'arrêter peut être très délicat sur une forte pente ; en ce cas, faire partir la roue arrière en travers et s'arrêter en couchant le bike.

Attention :

  • A la mauvaise pierre qui fait ripper la roue avant
  • Aux changements de taille de pierre qui peuvent surprendre
  • A ne pas prendre une vitesse qui ne peut plus être freinée du fait de la pente

Virage glissé

Certaines épingles ne permettent pas d'utiliser un nose turn : elles sont trop raides ou/et la nature du terrain est trop aléatoire et glissante pour permettre un appui avant franc. Du coup, la seule solution est le virage glissé. Attention, un virage glissé n'est pas un dérapage dans le but de déraper et envoyer du cailloux ! C'est un dérapage obligatoire, propre, contrôlé et minimisé.

Difficulté : 4

Utilité : 5

Objectif : Passer des virages sur une portion de terrain raide et de nature incertaine.

Comment : Le but consiste à faire partir la roue arrière… mais pas trop ! Il faut donc amorcer le dérapage légèrement au-dessus de la zone souhaitée, de telle sorte à se trouver en limite de glissement au moment où l'on veut manœuvrer le bike. Il faut alors accompagner et désaxer l'arrière par une pression latérale des pieds, un peu comme un nose turn où l'on garderait la roue collée au sol. Le tout est de doser correctement frein avant (pour ne pas perdre le grip sur l'avant) et arrière (pour le perdre mais pas trop).

Attention :

  • A la perte de contrôle avant… mais aussi arrière ! Par définition, vous faites ce type de manœuvre sur un terrain foireux, raide et potentiellement expo.
  • A ne pas utiliser cette technique à tout bout de champ, sous peine de dégrader les singles que vous utilisez.

Glissement latéral

Dans les dévers, il peut être utile de laisser son bike partir en latéral, afin de récupérer du grip. Cette manœuvre peut-être intentionnelle… ou moins intentionnelle, mais elle est relativement utile dans toutes les sections de montagne freeride en dévers ou sur des traces mauvaises.

Difficulté : 5

Utilité : 3

Objectif : Récupérer du grip lors de passages en dévers.

Comment : Il faut surtout ne pas rester figé sur le bike et réajuster son centre de gravité rapidement. Le tout est d'accompagner le mouvement du bike avec le corps alors que l'instinct aurait tendance à vouloir le contrer. Il faut également veiller à garder la cinétique du mouvement et surtout, ne pas freiner. Si on accompagne ainsi le mouvement du bike, normalement, le grip est récupéré naturellement et on peut enchainer.

Attention à : Ne pas freiner, sous peine de perdre irrémédiablement le grip et de chuter !

Glissé sur neige dure

Descendre une zone de neige dure relève souvent de l'équilibrisme et peut vite s'avérer très dangereux, car une chute peut conduire à une glissade qui peut être impossible à enrayer (on parle de dévissage en alpinisme). De plus, une pente de neige dure supérieure à une vingtaine de degrés est souvent impossible à rider (sauf à tirer tout droit sans freiner). On parle ici de descendre une pente de neige avec des pneus normaux et non pas cloutés.

Difficulté : 5

Utilité : 8 si vous faites du vélo de montagne en hiver ou tôt le printemps. 1 ou 2 sinon.

Objectif : Garder le contrôle sur une déclivité constituée de neige dans laquelle le bike ne s'enfonce pas.

Comment : Orienter le vélo le plus droit possible et utiliser ensuite le frein avec parcimonie, en dosant avant / arrière. Rester le plus souple possible sur le vélo et laisser le bike "vivre sa vie" entre ses jambes. Il ne faut pas tenter de corriger tout dérapage ou toute déviation. Souvent même c'est le bike qui choisit sa ligne et il faut le laisser faire… dans une certaine mesure évidemment !

Attention :

  • A la prise de vitesse ! Faute de quoi, on peut très bien ne plus parvenir à s'arrêter sans chuter.
  • Au risque de dévissage. Dévisser signifie que même une fois qu'on est tombé, on continue de glisser, de plus en plus vite. Un alpiniste dispose normalement d'un piolet pour s'arrêter, mais le VTTiste non. Ce risque doit être évalué AVANT de s'engager avec le vélo : à pied, il faut analyser à quel point la neige est glissante et faire un petit "test de chute" sur une zone sans risque. On peut choisir de s'engager malgré tout, mais dans ce cas, il faut être sûr que la section ne débouche pas sur des obstacles dangereux ou des falaises.

Descente en neige molle

La neige molle est faussement sécurisante. Les buches qu'on s'y met peuvent être violentes car on prend facilement de la vitesse et les chutes sont difficilement prévisibles (changement de texture de neige…)

Difficulté : 3

Utilité : 10 si vous faites du vélo de montagne en hiver ou tôt le printemps. 1 ou 2 sinon.

Objectif : Garder le contrôle sur une déclivité forte constituée de neige dans laquelle le bike s'enfonce au moins d'une dizaine de centimètres.

Comment : Mettre l'essentiel du poids sur l'arrière sans pour autant aller au blocage de la roue. On peut contrôler la prise vitesse par de petits virages, de la godille comme à skis. Le fait de rester sur l'arrière est indispensable pour franchir toutes les différences de textures de neige, souvent invisibles.

Attention :

  • A l'enfournement brutal dû à un changement de neige. Rester à l'écart des rochers ou buissons émergents (souvent, la neige perd toute portance en leur proximité). Les changements de couleurs ou de brillance de la surface sont aussi des indicateurs de méfiance.
  • Aux traces de tes coéquipiers qui créent des rails pouvant te déstabiliser quand tu les croise de biais.

Manual

Ce mouvement est très surfait : on en trouve des tutos et des images partout… mais en réalité, sur le terrain, ça ne sert quasiment à rien, sauf à pouvoir lancer correctement un bunny up. Ou à frimer sur une portion tranquille ;)

Cavalier

Il en va de même pour le cavalier. En montagne, ça ne sert à rien, sauf pour un pro du trial, qui peut l'utiliser pour placer son bike sur des rochers escarpés et franchir des segments impassables. Mais on change alors de discipline.

L'abandon

Ne pas oublier cette manœuvre hautement stratégique, qui a l'avantage de pouvoir être utilisée à la place de toutes les autres !

Difficulté : 5 (ce n'est pas si facile de décider d'abandonner !)

Utilité : 10

Objectif : Rester en vie (ou rester entier)

Comment : Écouter sa peur. De toute façon, la peur ne donne rien de bon quand on ride. Si on peur, on abandonne !

Attention :

  • A la Gopro qui incite toujours à tenter
  • Aux coéquipiers railleurs, qui valent parfois plusieurs Gopro…
  • (Pour les mâles sensibles) A la présence de filles aux alentours…

Alexis Righetti
Alexis est un OVNI. Un pratiquant VTT hors normes, un alpiniste qui fait de la montagne à vélo plutôt que du vélo en montagne. Une pratique extrême. Sa chaine Youtube vous donnera des frissons

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