Le BUL (Bivouac Ultra Léger), c’est la pratique du VTT en autonomie ou semi-autonomie pendant plusieurs jours. On appelle cela aussi VTT nomade. On se fait plaisir, comme lors d’une sortie à la journée ou à la demi-journée, avec en plus, le plaisir d’avancer chaque jour en étant indépendant.

À votre avis, quel est le pire entre :

  1. Se fâcher avec son partenaire de rando parce qu’on n’a jamais passé plus de 6 h avec lui et qu’on ne le connaissait pas si râleur ?
  2. Être obligé de terminer sa rando plus tôt que prévu parce qu’on rencontre un imprévu qu’on ne peut résoudre seul ?
  3. Renoncer à une rando VTT BUL parce qu’on a peur d’être en difficulté, alors qu’on en rêve ?
  4. 1,2,3 et donc 4 ?

Toutes les réponses peuvent être liées oui, mais en fait, c’est la 3.

C’est toujours comme ça. Quand on a peur de faire quelque chose, on s’en fait une montagne. Les doutes prennent le dessus, et on n’agit pas.

Alors on écoute avec envie nos potes raconter leur dernière randonnée de 4 jours dans le Vercors, on se dit qu’on aurait aimé être du voyage, mais… mais… Mais stop. Rien du tout en fait.

Si eux l’ont fait, pourquoi pas vous ?

La clé pour faire d’une rando VTT BUL un bon souvenir, c’est la préparation. Et le choix du partenaire aussi, oui 😁. Partir en autonomie sur plusieurs jours, ça peut vite tourner au fiasco. Trop de poids, trop de portage, pas assez d’eau, de nourriture, trop froid la nuit, etc. Si on cherche vraiment, on peut trouver 1000 raisons de ne pas se lancer.

Mais… ça serait quand même dommage de ne pas tenter l’expérience non ?

tente lac

Les premières questions à se poser

Le problème quand on cherche des infos pour faire une rando VTT BUL sur internet, c’est qu’on tombe tout de suite sur des forums très techniques ou sur des récits de « bulistes » chevronnés qui nous découragent avant même d’avoir commencé !

Difficile de trouver des ressources sur lesquelles on donne des conseils step-by-step. On attaque tout de suite sur les vêtements techniques, les modèles de sacoches, etc. Chacun raconte ses galères… bof, ça ne donne pas vraiment envie tout ça.

Jean a rencontré ce problème lorsqu’il a voulu faire sa première rando VTT BUL en semi-autonomie. « J’ai une pratique all-mountain. Je voulais avoir cette même pratique, tout le plaisir du VTT en fait, mais sur plusieurs jours. L’enjeu était donc de voyager très léger, sans sacoche qui dépasse de partout, pour conserver la maniabilité dont on a besoin à VTT. »

Cette première rando, Jean l’a préparée pendant 4 mois. Pour s’y retrouver dans toute cette jungle de conseils techniques, il a commencé par se poser 3 questions :

  • Est-ce que je veux d’abord faire une rando ou avoir le côté technique du VTT ? De la réponse à cette question dépendra entre autres le choix des sacs ou des sacoches.

  • Quel est le niveau de confort que je recherche ? On adaptera le choix du matériel de bivouac et du mode d’alimentation en fonction.

  • Combien de jours ai-je envie de partir ? Le nombre de jours déterminera en grande partie le poids et le volume des sacs ou sacoches.

« C’est un équilibre à trouver. Plus tu roules léger, plus tu conserves la maniabilité du VTT, mais moins tu as de confort. Je suis parti avec 10kgs embarqués. J’avais un sac à dos, une sacoche sur le cadre et sur le guidon. Le juge de paix à la fin, c’est toujours le poids. »

Comment anticiper le poids que vous porterez ?

Nous vous conseillons 2 outils : une balance pour peser CHAQUE chose, et un fichier Excel pour tout centraliser. Rien de plus !

Votre plus grand ennemi sera le « au cas où ». Chaque fois que vous vous direz « Je prends ça au cas où », vous ajouterez du poids à votre sac. Vous allez devoir optimiser tout ce que vous allez emporter et éviter les redondances. Votre veste softshell pourra par exemple se transformer en très bon oreiller pour une nuit à la belle étoile !

Un sac lourd est un sac bourré d’angoisses  (ça vaut aussi pour la valise en vacances 😉)

hammac

Gérer les difficultés en rando VTT BUL

Bien sûr, une excellente préparation n’empêche pas les imprévus. Mais elle permet d’y faire face avec discernement, sans compromettre votre rando.

Jean explique avoir été confronté au manque d’eau au cours de cette première rando VTT BUL. « Au cours de notre préparation, nous avions repéré les sources d’eau sur notre itinéraire. Mais le Vercors est une région calcaire et très sèche. Nous n’avions pas anticipé que les sources seraient à sec au printemps ! Gérer le manque d’eau n’est pas évident… Nous commencions à envisager de descendre dans la vallée, mettant ainsi fin à notre trip. Heureusement, nous avons croisé une famille, dont le père était un ancien garde-forestier dans le Vercors. Il nous a donné pas mal de conseils sur la région, notamment les points d’eau à proximité de là où nous nous trouvions. »

C’est un autre point fort pour les randonnées VTT en autonomie ou semi-autonomie : les rencontres.

En étant coupé de tout pendant quelques jours, on est plus enclin à échanger avec les gens. On se surprend à engager la conversation avec des inconnus, à partager un repas avec d’autres randonneurs, etc. Ces moments sont autant de souvenirs qui ponctuent les images de paysages magnifiques et indescriptibles qu’on garde en tête.

On apprend beaucoup sur soi, sur ses limites physiques, ses blocages psychologiques. On apprend aussi beaucoup sur notre partenaire de rando. Faire quelques sorties VTT ensemble le week-end et vivre ensemble en autonomie pendant quelques jours, 24 h/24, ce n’est pas la même chose.

Le choix du partenaire est presque aussi important que le choix du matériel pour une première rando VTT BUL. C’est ensemble que vous roulerez, c’est ensemble que vous affronterez les difficultés. Vous devrez savoir vous remonter le moral mutuellement, être à l’écoute l’un de l’autre, savoir quelles sont vos sources de motivation respectives, pour être en mesure de les activer le moment venu.

On part ensemble, on rentre ensemble !

Enfin, il est aussi important de connaitre la législation concernant le camping sauvage, tout du moins en France. Il est autorisé partout où il n’existe pas d’interdiction. Néanmoins, des restrictions sont nombreuses. Il est ainsi impossible de monter sa tente sur de nombreux lieux. En savoir plus...

Crédits : Merci à Jean Schaufelberger pour son témoignage

Marion
Marion est rédactrice web, elle ne sort jamais sans un petit carnet et un stylo dont elle perd toujours le capuchon

Commentaires

Blog Comments powered by Disqus.

Article précédent Retour à l'accueil Article suivant