Les plus belles descentes VTT (infaisables) d'Alexis Righetti en 2020

Voyage 17 minutes
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À l'occasion de la sortie de son best of 2020, Alexis Righetti revient sur les évènements majeurs de son année, et détaille pour nous ses sorties les plus marquantes. Une exclusivité UtagawaVTT !

L'année 2020 a été, pour lui, riche en actualité freeride et surtout en rencontres, qui ont conduit à beaucoup de nouveautés.

L'évènement le plus marquant a probablement été la sortie au cinéma de son long format SUR-VIVRE. Ce film met en avant un montagnard expérimenté qui emmène un novice de la montagne excellent en vélo. Pour l'anecdote, ce projet a démarré par hasard, suite à une sortie de haute montagne qui aurait pu mal tourner, avec Alexandre Mirgain.

Mais l'année 2020 d'Alexis a aussi été marquée par l'arrivée d'un nouveau coéquipier : Pierre Colpin, un jeune homme talentueux âgé de 19 ans. Il a encore beaucoup de choses à apprendre sur la montagne, mais il percute vite… et descend vite aussi ! Ses anciens coéquipiers ne sont pas absents pour autant, mais les projets des uns et des autres les amènent parfois à prendre congé des montagnes. Autre rencontre, celle de Jean Hughes Cazimir, trialiste doué qu'on entrevoit dans une vidéo diffusée en fin d'année, et avec qui Alexis ridera à l'avenir.

Alexis a également eu la chance de rencontrer Benjamin, le gérant du magasin Jamin Bike à Cazère, qui lui a fait une proposition de sponsoring unique : le financement et la conception d'un VTT totalement dédié à sa pratique du vélo de montagne, sur une base Mondraker Superfoxy RR. Un projet de montage à la carte mis en scène par le mécano de Jamin Bike sur sa chaine Phil MTB Channel.

Mais 2020, ce fut surtout des moments d'anthologie de vélo de montagne. En voici les meilleurs :

Attention, plusieurs avertissements au sujet de cette vidéo :

⚠️ La plupart des descentes qu'on y voit sont infaisables par un VTTiste "normal", même par un VTTiste de montagne aguerri. "Infaisables" ne signifie pas "trop techniques", mais plutôt "aberrantes", car nombre de ces itinéraires sont plus de la montagne que du vélo. Certains sommets ne sont pas praticables à vélo, mais Alexis a réussi à les rider dans des conditions d'enneigement très particulières.

⚠️ Les cotations de difficulté et exposition qui figurent dans ce best of ne concernent à chaque fois QUE la section que l'on voit en vidéo. La descente globale peut être bien plus dure… ou bien plus facile ! En revanche, dans la suite de l'article ci-dessous, la cotation de la course entière est indiquée.

⚠️ Les vidéos d'Alexis peuvent être source d'inspiration, mais elles doivent rester cela et seulement cela. Il ne faut EN AUCUN CAS les considérer comme des topos à reproduire. Si, pour aller faire un grand sommet, un VTTiste a besoin d'un itinéraire détaillé avec les difficultés déjà expliquées, cela signifie qu'il n'a pas encore les capacités d'aller à cet endroit.

Maintenant, laissons Alexis nous parler de ses plus belles sorties :

Pique Rouge de Bassiès (Couserans, Ariège)

  • Altitude : 2676
  • D+ : 1490 m (100% portage + passages escalade + alpinisme)
  • Technique : sommet : hors catégorie, neige / alpages : T5 / forêt : T2
  • Exposition : sommet : E3 / alpages : E4 / forêt : E3

pic rouge

Voici clairement une des lignes dont je suis le plus fier. En effet, ce sommet est à la base complètement infaisable à VTT. Et quand je dis complètement, c’est complètement ! Toute la partie sommitale (sur plus de 800 m) n’est qu’un chaos de blocs énormes et raides. Je ne sais pas pourquoi, ce sommet m’attirait… Peut-être est-ce son nom étrange et agressif ? Notez la "Pique" qui s’écrit comme l’arme et non le "pic" signifiant "sommet". Peut-être est-ce sa localisation ? Un sommet au fin fond de l’Ariège, avec seulement deux accès possibles, tous deux très compliqués : l’un par des hauts plateaux interminables, l’autre par une face directe mais extrêmement raide et austère. J’avais tenté ce sommet par la face longue avec Dimitri, il y a quelques années, mais nous avions totalement échoué, en abandonnant après même pas un tiers du dénivelé. Je m’étais juré de revenir et j’ai élaboré une stratégie quasi militaire digne de l'assaut d'un château fort. Il n'existait qu'une seule manière de rider ce sommet à vélo, qui impliquait la combinaison de conditions complexes à obtenir :

  1. Attendre l'hiver que suffisamment de neige comble les trous des pierriers et crée ainsi de grandes pentes lisses sur la moitié supérieure.
  2. Il fallait en plus que les conditions neigeuses soient propices au vélo, c’est-à-dire avec une petite couche molle de quelques centimètres sur une sous-couche dure. Trop dur et ça glisse trop pour pouvoir tenir à vélo. Trop mou et le bike s'enfonce, impossible de descendre.
  3. Il fallait également qu'il gèle pendant la nuit, ce qui permet de monter en crampons sur la neige avec la lourde charge du vélo sans s'enfoncer.
  4. Par ailleurs, il ne fallait en aucun cas que la partie inférieure soit enneigée, à cause d'un verrou très raide et déversant qui aurait été trop dangereux à passer autrement.
  5. Les conditions de neige étant trop complexes à appréhender juste avec les bulletins de météo montagne, il était impératif de faire un bivouac à l'altitude de démarrage de la neige pour voir la façon dont celle-ci se transformait au cours de la journée.
  6. Qui dit bivouac dit impérativement une seconde personne, sans vélo, pour porter une partie de l'équipement. Autant j'ai déjà de nombreuses fois porté le vélo et le matériel de bivouac sur de gros D+, autant ajouter en plus le matériel d'alpinisme (piolets, crampons, etc.) implique une charge trop lourde et un ride bien trop laborieux.

Toutes ces conditions ont été réunies le 8 février 2020. Oui, vous avez bien lu : février ! Il y a eu tellement peu de neige en 2020 qu'il m'a été possible de monter un vélo à 2700 m au plein cœur de l'hiver !

L'ascension a été épique. Cette face sud étant globalement très raide, il a fallu tailler une plateforme pour la tente. Au final, la fenêtre temporelle de neige "ridable" (réchauffée par le soleil, ni trop molle, ni trop dure) s'est révélée très mince, une bonne heure au mieux. Enfin, le passage du verrou inférieur, l'Orri de la Raspe, est extrêmement raide et impressionnant. Il se fait sur un single de 20 cm de large, toujours déversant, avec des épingles hyper refermées… À noter que je devais effectuer ces manœuvres délicates avec un sac fort volumineux et, surtout, des chaussures d'alpinisme au pied, c’est-à-dire avec semelles complètement rigides, presque comme des chaussures de ski…

La vidéo de cette aventure a été projetée en avant-première au CAF (Club alpin français) de Tarbes.

C'était loin d'être la première fois que je réalisais l'ascension d'un sommet enneigé avec un vélo ; mais c'était la première où l'utilisation de piolets et crampons était impérative. Je me suis vite rendu compte que porter un vélo tout en utilisant un piolet était loin d'être facile. Au bout d'un moment, j'ai rangé le piolet et escaladé la pente sommitale en équilibre précaire. Par deux fois, j'ai commencé à dévisser et j'ai enrayé la chute en retirant vite le vélo des épaules et en le plaquant dans la neige, comme une ancre. On peut le voir sur un des plans drone. Cette technique n'est pas très orthodoxe, mais elle s'est révélée efficace sur ce type de neige.

Contrefort nord du Pic de Thou (vallée d'Aure, hautes Pyrénées)

  • Altitude : 2650 m
  • D+ : 1550 m (100% portage)
  • Technique : sommet : T5 / alpages, forêt : T4
  • Exposition : sommet : E3 / alpages, forêt : E2

pic de thou

Ce secteur est l’un des plus beaux que je connaisse dans les Pyrénées (hors du parc national, évidemment). Une marche d’approche interminable mène à 3 lacs en enfilade, entourés d’immenses barres rocheuses. L’ensemble dégage une atmosphère austère, sauvage, mais, paradoxalement accueillante. La descente VTT depuis les lacs est déjà en soi un long parcours de montagne technique. Mais nous sommes allés chercher de la difficulté supplémentaire en partant depuis un contrefort acéré du Pic de Thou. En clair, on est monté sur l'arête jusqu'à ce que ça ne passe plus. Même si ce n'est pas un sommet en tant que tel, le départ s'est révélé très esthétique, avec une séquence trialisante au-dessus du gaz, suivie d'une descente brutale de gros pierriers.

Dans cette vidéo, on note bien la différence de pilotage entre Pierre et moi : il est plus efficace dans le bourrin pur, comme tirer tout droit dans un alpage raide et ultra cassant (le 180-180 du Clash étant un plus), tandis que je franchis mieux les passages fins, nécessitant d'aller doucement. Quoi qu'il en soit, la descente a été du plaisir à l'état brut de bout en bout, et ça se voit bien dans la vidéo !

Sur cette sortie, nous avions prévu un bivouac à la belle étoile à 2400 m car la météo annonçait un temps magnifique… Mais il en a été tout autrement : le ciel s'est vite révélé très menaçant et pendant toute la soirée, nous étions prêts à redescendre en catastrophe si on se prenait l'orage sur la figure.

Pic de Montaigu (Bigorre, hautes Pyrénées)

  • Altitude : 2339 m
  • D+ : 1205 m (90% portage)
  • Technique : sommet : T5+ / arête jusqu'au col : T4+ / alpages, forêt : T4
  • Exposition : sommet : E4 / arête jusqu'au col : E3+ / alpages, forêt : E2

Pic de Montaigu

Le pic de Montaigu culmine à une faible altitude, mais quand on se trouve en haut, son isolement et son arête découpée donnent l'impression qu'on a gravi un sommet majeur de 3000 m. De plus, sa partie supérieure est très méchante : certains petits ressauts se font nécessairement à pied. Mais quel plaisir à partir du lac : toute la descente n'est qu'un enchainement de mouvements techniques sur des terrains variés. C'est un grand classique pour les trailers de la vallée.

Fanny et moi nous sommes fait une bonne frayeur à la descente sur les grands alpages sous le col, la partie pourtant la plus facile. Ces pentes d'herbe rase étaient tellement humides que nous avons perdu le contrôle des bikes : impossible de freiner, c'était comme de la glace ! Fanny s'est arrêtée tant bien que mal mais, pour ma part, j'ai dû finir ma course dans un buisson. Sinon, je serais encore en train de glisser !

Peña Montañesa (Sierra Ferrera, Espagne)

  • Altitude : 2295 m
  • D+ : 1250 m (95% portage + passages escalade)
  • Technique : sommet : T5 / balcon : T4 / partie inférieure : T5+
  • Exposition : sommet : E3 / balcon : E2 / partie inférieure : E3

Pena Montanesa

Encore un sommet bas, que nous avons fait en plein hiver. Mais il ne faut pas se fier à l'altitude !... Cette montagne est une véritable forteresse, un labyrinthe de falaises qui ne peut se gravir que par une longue traversée passant de balcons en balcons, nécessitant même, parfois, de redescendre pour récupérer le seul passage possible. Ce pic étant totalement isolé au-dessus de la plaine espagnole, il donne l'impression de se trouver au bout du monde. La végétation spéciale de l'endroit ajoute à l'ambiance : en effet, tout ce qu'on prend de loin pour de douillets buissons verts ne sont en réalité que des cactus agressifs ! Mieux vaut éviter de tomber… Question ride, ce n'est en revanche pas la fête : de nombreux passages sont extrêmement cassants, voire non ridable, et nous avons dû descendre de nombreuses fois, le vélo à la main. Mais l'ambiance "hors du monde" valait largement le coup !

Alors que nous étions en train de nous équiper au sommet, un vieux montagnard espagnol nous a rejoints. Comme d'habitude, je n'avais rien emporté à manger à part quelques barres énergétiques. Du coup, il a eu pitié de nous et nous a fait partager son repas : fromage, chocolat, et même du cidre ! Après 1200 m de D+, le cidre à jeun nous a fait l'effet d'un shot de vodka !

Pointe de la Saume (Queyras, Alpes)

  • Altitude : 3043 m
  • D+ : 1526 m (100% portage)
  • Technique : départ : T5 / arête : T4 / forêt : T5
  • Exposition : départ : E4 / arête : E2 / forêt : E3

Pointe de la Saume

La Pointe de la Saume est une course de grande ampleur, dont la qualité de ride est exceptionnelle, et qui se caractérise par une pointe sommitale esthétique et très "montagne". Le départ de la pointe est impressionnant : on ne peut passer que sur un étroit pan de roche très incliné, entre deux à-pics vertigineux. La suite est extrêmement plaisante avec la descente d’une interminable arête qu’on peut prendre à mach 12.

Après ma luxation-fracture de l’épaule et paralysie bras-main, c’était juste ma…. première sortie de reprise en montagne ! Seulement 5 mois après l’accident. À ce moment, la moindre chute côté droit aurait été synonyme pour moi de paralysie irréversible. Mais je me sentais bien, les mains accrochées au guidon. J’ai juste ramé un peu à la montée, faute d’entrainement. Fatscal a été très patient !...

Pic de Cauarere (massif du Rioumajou, Hautes Pyrénées)

  • Altitude : 2901 m
  • D+ : 1401 m (100% portage + passages escalade)
  • Technique : sommet : T5 / forêt : T4
  • Exposition : sommet : E3+ / forêt : E2

Pic de Cauarere

Voici le fameux sommet de mon film SUR-VIVRE, que j'ai gravi avec Alexandre Mirgain, alias Mister Freeride. Je détaille très précisément la descente et les difficultés rencontrées sur ce pic dans le film, donc je ne vais pas m'y attarder en détail ici. C'est une face unique dans les Pyrénées : plus de 1000 m de pierrier, sur une pente moyenne à 35°. Peut-être la plus grande face pierreuse descendable dans les Pyrénées… Et surtout, c'est un itinéraire totalement freeride, sans une trace, sans un cairn, et qui aboutit…. nulle part ! Et avec du gaz en permanence, à la montée comme à la descente. Bref, y'a de l'ambiance, comme on dit ! Surtout quand l'orage nous arrive violemment dessus…

Même si ce sommet est un morceau sacrément sérieux, il s'agit de la première vraie sortie de VTT de montagne pour Mister Freeride. On avait juste fait un petit sommet "d'entrainement" la veille qui l'avait laissé frustré. Le soir même, il m'a dit vouloir faire un sommet avec "vraiment de l'adrénaline". Je lui ai demandé s'il était capable de faire deux fois plus de dénivelé dans la journée, pour descendre une pente deux fois plus raide et cinq fois plus longue. Il m'a répondu : "Pas de problème !" Et voilà…

Pic de Marty Caberrou (Sierra Pelada, Espagne)

  • Altitude : 2677 m
  • D+ : 1127 m (100% portage)
  • Technique : sommet : T4 / alpages, forêt : T4+
  • Exposition : sommet : E2 / alpages, forêt : E3

Pic de Marty Caberrou

Situé sur la frontière entre la France et l'Espagne, ce sommet est rétrospectivement un des plus funs que je connaisse dans les Pyrénées Centrales. Je le qualifierais de sommet "bourrin" : il n'existe qu'une ligne / single, sur une face bien raide. Il y a presque autant de dénivelé que de distance, et la montée est sacrément efficace. C'est agréable de monter vite… et d'enchainer la descente encore plus vite ! Surtout quand le terrain est hyper varié, toujours technique, mais jamais impossible. C'est bien simple : sur plus de 1100 m, on peut TOUT franchir sans poser un pied ! Parfois, c'est chaud, mais toujours faisable. Tout VTTiste de montagne sait combien ce genre de descente est rare. J'ai réalisé cette sortie avec Pierre Colpin, et on peut voir qu'on s’est vraiment amusés ; on était pliés en deux de rire pendant toute la descente ! Des lignes comme ça, j'en redemande !

Au sommet, je me suis aperçu qu'il me manquait une des deux mousses de maintien sur la mentonnière du casque… Essayez d'enfiler un casque intégral avec une mousse en moins, vous verrez que… et bien ça ne fonctionne pas du tout ! Du coup, j'ai trouvé la solution : j'ai entouré plusieurs fois et noué sur la mentonnière mon T-shirt technique à manches longues, et ça a parfaitement fonctionné.

Nabain (Sierra Bolave, Espagne)

  • Altitude : 1798 m
  • D+ : 1400 m (30% route / 70% portage)
  • Technique : T4-
  • Exposition : E3

Nabain

Il s'agit probablement de mon sommet 2020 le plus "normal", et pour cause : il fait partie des tracés officiels de la Zona Zero, l'immense secteur d'enduro entourant la petite ville d'Ainsa, en Espagne. Mais quand on veut faire de la montagne le 1er janvier, on ne peut pas aller bien haut. Néanmoins, nous avons été agréablement surpris par l'intérêt de la descente et la beauté du lieu, qui rappelle la Peña Montañesa (en bien plus gentil). Géologiquement, ce sommet est remarquable : un de ses versants n'est qu'une immense dalle, tandis que l'autre est un enchevêtrement de falaises au milieu duquel serpente le tracé de descente. En tout cas, ça m'a changé d'emprunter un trail nettoyé par les shapers espagnols (ou plutôt shapeuses, puisque l'un des principaux artisans de la Zona Zero s'appelle Maïa) !

Au sommet, nous avons trouvé un chat domestique ! Il était très mignon et il est tout de suite venu quémander des caresses en ronronnant. À 1800 m et à 3 h de marche du patelin le plus proche… Juste improbable ! J'ai tenté de le redescendre avec moi. Il s'est laissé mettre dans le sac à dos, mais sautait par terre dès que je montais sur le vélo. Je ne pouvais pas l’enfermer complètement dans le sac… Nous avons donc dû le laisser là, à regret. Mais, par la suite, ses propriétaires l'ont identifié sur la vidéo mise en ligne !

Pic sans nom (pic sans nom au nord du Garlitz, Vallée d'Aure, Hautes Pyrénées)

  • Altitude : 2787
  • D+ : 1030 m (100% portage)
  • Technique : sommet : T5 / alpages, forêt : T4+
  • Exposition : sommet : E3+ / alpages, forêt : E3

Pic sans nom

Comme souvent, c'est quand on s'y attend le moins qu'on fait les plus belles expériences. C'est simple : ce sommet n'a même pas de nom sur les cartes IGN, alors qu'il se détache fièrement sur une longue arête effilée. Je l'avais choisi par défaut, presque par hasard, car les conditions météo étaient très incertaines à cette période, et je ne voulais pas tenter un ride de grande ampleur. Je me souviens m'être dit "On verra bien comment c'est, on va là-bas juste histoire de sortir". Au final, ce fut peut-être le plus beau ride de l'année ! La descente de l'arête sommitale est grandiose : à droite un à-pic vertigineux, à gauche une grande face en dévers donnant sur d'autres falaises en contrebas. Et le tout finissant sur un collet qui ressemble à un piège, sans issue possible. C'était sans compter le repérage que nous avions effectué à la montée… À partir du col, la face est extrêmement raide. Mais nous avions trouvé une rampe serpentant entre les petites barres rocheuses en-dessous. Son inclinaison était certes extrême, mais faisable : 300 mètres de descente quasi à l'arrêt, avec obligation de maîtrise totale pour empêcher tout basculement… 300 mètres en retenant son souffle et en pilotant par petites touches… Mais 300 mètres jouissifs parce que, quand ça passe de haut en bas alors qu'on n'y croyait pas, c'est beau !

La suite et fin était également géniale dans le style "vélo de montagne hardcore" : alpages avec itinéraires complexes entre des barres rocheuses, single très raide et technique… Bref, un plaisir de tous les instants, avec surtout un itinéraire très montagne où il a fallu sortir le cerveau.

Dimitri a frôlé l'accident grave sur la section clef, la partie très raide après le col. Il a perdu l'équilibre au pire endroit, sur une rampe déversante au bord d'une petite barre rocheuse. Quand je l'ai vu partir, j'ai vraiment eu un énorme pic de stress. Mais il s'est arrêté juste au bord de la barre. Et son vélo aussi ! On sent que ça l'a affecté pour la suite de la descente, car sur les parties de single plus faciles, il a enchainé de nombreuses chutes d'inattention. Pourtant, il "pétait le feu" au sommet, comme on peut le voir dans la vidéo ! Ce genre de rappel à l'ordre qui finit bien est en fait d'une grande utilité. Il ne faut jamais perdre de vue que la montagne est un terrain sur lequel tout peut dégénérer en un quart de seconde.

Alexis Righetti
Alexis est un OVNI. Un pratiquant VTT hors normes, un alpiniste qui fait de la montagne à vélo plutôt que du vélo en montagne. Une pratique extrême. Sa chaine Youtube vous donnera des frissons

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