Le VTT est un sport à risque, La Palice en aurait dit autant !

Qui n’est jamais tombé à VTT, n’a jamais fait de (vrai) VTT. Cela fait partie du sport.

Le Docteur Guillaume Favarel, médecin aux urgences traumatologiques de l’hôpital sud de Grenoble a publié une étude en 2017 sur la traumatologie du VTT de descente, il en a fait son sujet de thèse.

Sur plusieurs centaines de cas d’accidents étudiés il en ressort quelques points très importants.

Il faut garder à l’esprit que, pour cette étude, seuls les accidents à VTT de descente qui ont nécessité une prise en charge des secours et une visite à l'hôpital ont pu être analysés; cela laisse de côté la majeure partie des accidents plus bénins. De plus, la plupart des accidentés portaient des protections.

En voici les points importants.

[UtagawaVTT se donne la liberté (certes peu orthodoxe et biaisée) d’extrapoler les résultats principaux à la pratique du VTT en général]

Le casque n’est plus un sujet

casque-vtt

Dans l’étude, tout le monde portait un casque. C’est une constatation que l’on fait également sur le terrain. Les VTTistes amateurs et pratiquants réguliers sont équipés de casques, ce n’est plus un sujet, la prévention et les accidents médiatisés (cf M. Schumacher à ski) ont marqué les esprits.

Le sol est dur

Dans les accidents recensés, la grande majorité sont des traumatismes contre l’environnement (sol, arbre) à plus de 70% alors que moins de 10% sont des chocs contre leur propre VTT.

Le tiers des accidents ont nécessité une intervention chirurgicale et pour plus de de 40% des VTTistes, une hospitalisation a été nécessaire.

Le haut du corps est le plus impacté

L’étude révèle que les traumatismes en VTT de descente concernent essentiellement les membres supérieurs.

lésions VTT

Les lésions de la clavicule sont les plus courantes

Le deuxième résultat marquant de la thèse est la prédominance des lésions de la ceinture scapulaire, soit 40% des lésions des membres supérieurs.

En particulier la fracture du 1/3 moyen de la clavicule est dûe à un choc sur le moignon de l’épaule avec des forces de compression sur la clavicule qui se brise comme si l’on brisait une allumette entre son pouce et son index.

C’est une fracture par compression. Or, toutes les protections existantes actuellement protègent le thorax et les clavicules en absorbant le choc direct qui arriverait perpendiculairement à l’axe de la clavicule, de l’avant vers l’arrière.

Elles sont donc inefficaces dans ce cas là et ne protègent en rien la clavicule des forces de compression.

Le docteur Favarel émet une proposition : "La solution résiderait peut être dans l’absorption de l’énergie cinétique via un système d’airbag ou de coque plastique déformable sur le moignon de l’épaule."

Enfin, pour les fractures qui ont lieu par choc indirect lors d’une chute bras tendu, seule la formation des vététistes à « tomber en boule » et « enrouler la chute », bras en croix contre le thorax permettrait d’éviter ce mécanisme de compression. On retrouve cet enseignement au judo dans la technique des « ukémis » .

Les membres inférieurs sont moins impactés

L’étude a également révélé une différence très importante entre le nombre de lésions du membre supérieur et inférieur .

En effet, grâce à leur proximité avec le sol, les membres inférieurs, subissent des chocs à énergie cinétique moindre que les membres supérieurs.

La chute n’est pas la faute du matériel mais celle du VTTiste

problème fourche VTT

D’après les accidentés, les déterminants de l’accident sont principalement humains (63 %), matériels (6 %), environnementaux (32 %).

Le taux d’accident en milieu ou fin de sortie était de 84 %. Or, les patients ayant complété le questionnaire, rapportaient le taux de fatigue physique comme facteur déterminant seulement dans 11 % des cas. Ils expliquaient leur chute par une erreur de pilotage dans 36 % des cas.

L’erreur est donc, ici, dans l’appréciation des capacités physiques et intellectuelles. Même si la fatigue physique n’est pas ressentie, la baisse de lucidité essentielle à la prise de décision et au pilotage à haute vitesse, semble être un facteur important de chute.

En conclusion

Si l’on peut tirer de cette étude une conclusion simpliste, on peut donc dire que lors d’une pratique VTT engagée, il faut absolument porter a minima, en sus du casque des lunettes et des gants, des protections pour le haut du corps : dorsale et protection des épaules.

Cela ne garantit en aucun cas l’immunité contre les conséquences de l’accident mais cela réduit largement les impacts.

On vous conseille également de bien vérifier les conditions de votre police d'assurance pour vous assurer que vous avez souscrit à une assistance et une assurance qui couvrent bien tout dommage qui pourrait vous arriver en pratiquant le VTT.

Enfin, ne négligez pas la fatigue, elle est à l'origine d'une perte de concentration qui peut mener rapidement à l'accident.

Vous pouvez soutenir le projet du CHU Grenoble "URGENCES TRAUMATOLOGIQUES SUD", qui vise à accueillir chaque patient dans un cadre rassurant et confortable, raccourcir les délais d’attente, fluidifier son parcours de soins

Source : Docteur Guillaume Favarel, Traumatologie du VTT de descente, 2017

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